Bitumeux, branleurs ou cambe gouilles ?

Ce texte sera ajouté à ma page spéciale  Mémoires d’un motocycliste!
J’évoque  diverses motos, catégories, discriminations, sectarisme, zones, pratiques discutables et réconciliation. Tout un programme !

1985.  Au guidon de ma Kawasaki 1000 RX j’arrive chez ‘ma fiancée’ du moment qui m’hébergeait pour le week-end. Je tombe en pleine réunion d’amis de la famille avec leurs motos de cross ou de trial. Pardon de ne toujours pas savoir reconnaître les différentes catégories…

A cette époque il y avait pas mal de sectarisme chez des motards : Je faisais partie des « bitumeux », ceux qui frôlent le goudron avec le genou. motorcycles-825754__340.jpgIl y avait aussi les « voitures à deux roues » genre Harley Super Glide 1200 (avec disco stéréo !) ou Goldwing 1200 (6 cylindres et marche arrière !) plus les ‘custom’, ‘chopper’ et’ bobber’ récemment arrivés sur le marché, directement importés des Etats-Unis. En présentant mes affectueuses excuses à Amélie, une amie bloggeuse et ‘motarde’ qui n’a pas connu cette époque… j’avoue que les fans d’Hailwood et Agostini, nommions « branleurs » ces ‘extra terrestres’, surtout ceux en position de crucifiés debout sur leurs ‘drôles de machines’.
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Je sais que c’est méchant, non justifié et pas drôle mais je vous l’ai dit, il y avait un clivage violent entre les pratiquants de la moto. Unknown.jpegHeureusement les choses ont changé, les motocyclistes se respectent plus qu’il y a 40 ans et sont solidaires face au démonisme anti 2 roues !

J’allais oublier une catégorie née de la démocratisation de la moto de terrain, jusque là réservée aux compétitions de trial et de motocross. Depuis la commercialisation de ces bécanes immatriculées les ‘routes’ sont envahies de motos de ‘cross’ mais je dois fermer ma gueule puisque j’ai eu une Bultaco Matador 250 pendant quelques mois, avec laquelle je n’avais fait que de la route.images-1.jpeg Je dois à l’honnêteté historique de dire qu’en ces temps là… eh oui ma bonne dame, nous avions baptisé cette catégorie du nom moqueur de « cambe gouilles ».  Un peu d’étymologie : « Camber » signifie ‘enjamber’ surtout autour du bassin lémanique, Haute Savoie, Suisse et même jusqu’au Lyonnais. Une « gouille » est un terme qui nous vient de l’ancien français ‘goille’ signifiant flaque d’eau, bourbier, encore usité en Savoie, au Bugey et en Romandie!

Revenons à ma bande de ‘cambe gouilles’ !

« Eh ! Le bitumeux, t’as pas envie d’essayer une ‘vraie moto’ ? »

« Jamais pratiqué mais… »

« Prends cette Yamaha TY 250 mais commence par changer ton ‘machin’ de cosmonaute pour un casque ‘normal’ que nous te prêtons! »44j01.jpg

Je monte sur cette bécane pesant 95 kilos… juste 180 de moins que ma Kawa !

Le chef donne les consignes : Nous faisons des ‘zones’ de 20 minutes et pour le ‘nouveau’ j’explique : « Après 5 minutes, rien ne se passe, 5 minutes d’activités bruyantes plus tard les vernaculaires commencent à râler. Cinq minutes après ils appellent la police à qui il faut au moins… 5 minutes pour intervenir. Trop tard car 5+5+5+5 égalent 20 minutes et nous serons déjà dans la ‘zone’ suivante »

Moteur ! Pour la suite, rien à cacher : J’ai été mauvais ! Point à la ligne.

Première montée virile. « Qwà ke j’ fais ? »

« Tu mets la 2ème ou la 3ème et : Gaz !  Surtout tu t’arqueboutes sur le guidon! »

Je choisis la 2ème et comme l’a dit le chef: poignée dans le coin! »

A l’aise pendant les 3 quarts de la montée je me prenais ‘en même temps’ pour Joël Robert, Stefan Evert et Jean Michel Bayle mais à l’amorce du 4ème quart très pentu je n’étais plus qu’un ‘conardus repandus’ dont la moto avait fait un looping arrière complet au dessus de moi. Ils m’ont récupéré au bas de la piste, tout ‘caqueux’ avec une TZ un peu cabossée, roue voilée et chaîne cassée net ! Réparation artisanale au fil de fer avant l’échéance des 20 minutes attribuées à cette ‘zone’, un passage de rivière sur une poutre de 4 mètres de long et de 15 cm de large qui avait nécessité l’aide d’un collègue pour faire traverser la moto du débutant et fin de mon aventure ‘hors des sentiers battus’. Mais au moins à près de 50 ans je ne me suis pas dégonflé, me suis fait des amis sur deux roues et ce jour là, je n’ai plus parlé des « cambe gouilles ».

C’est beau la moto sous toutes ses formes, c’est génial… même quand on ne pratique plus mais il reste  le partage des récits de voyages de mes jeunes amis motards et la télévision pour voir ‘ce gamin’ de Valentino Rossi. Du reste je ne comprends pas pourquoi les commentateurs parlent de lui comme d’un « vieux »… Eh ! 39 ans ce n’est vieux pour un motocycliste ?

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