La saga Stirling Moss (III)

Moss et Ferrari ou Du camouflet au respect !

Stirling Moss est le seul pilote à qui Enzo Ferrari autorisa à conduire une Ferrari bleue en F1 (*) mais précisons que cette ‘dérogation’ du Commendatore ne signifie pas que Moss ait conduit cette voiture. Bien au contraire comme nous le verrons plus loin.

Surtees NART(*) Si on oublie l’exception de John Surtees et Lorenzo Bandini sur les Ferrari d’usine repeintes en bleu et blanc, les couleurs du N.A.R.T de Luigi Chinetti en 1964, à la suite d’une des multiples brouilles du Commendatore avec les instances internationales. Voir mon blog du 29 avril 2018.

https://wordpress.com/post/histoiresdautomobilesetdemotocyclettes.com/1161

Comment mieux commencer cette évocation qu’avec cette photo de Sir Stirling posant, à un âge avancé, avec celle qu’il a dû passionnément aimer… c’est du moins mon sentiment. La Ferrari 250 GT de couleur bleue du Team Rob Walker, avec laquelle il remporta les trois courses qu’il disputa à son volant en 1960.  The best GT car in the world disait-il.

Légende

Qu’il en fut amoureux fou, c’est avéré, mais que dire de la passion du quidam qui vient d’acquérir cette voiture, sans qu’il y ait eu mise aux enchères. Juste une affaire de vendeur à acheteur pour la modique somme de 11 millions de dollars, un détail. On dit que c’est la voiture la plus chère jamais vendue au Royaume Uni !

Par déontologie, je précise que certains détails de ce texte sont empruntés à Sylvain Reisser, Rédacteur en chef de la Rubrique automobile du Figaro, un des seuls à ne pas avoir abusé du copié-collé de Wickimachin pour l’hommage à Stirling Moss.

 Stirling Moss n’a jamais piloté pour Ferrari en F1, car les relations avec Maranello, qui avaient pourtant bien débuté, ont été tumultueuses. Deux personnalités étaient en présence : le Commendatore Enzo Ferrari, ombrageux, redouté, écrasant, qui plaçait sa marque avant tout, y compris les pilotes, et un patriote britannique, qui voulait surtout courir au sein d’une équipe anglaise – des « garagistes », railla-t-on longtemps chez Ferrari.

En 1952 Moss avait terminé une épreuve dans les Pouilles, au volant d’une modeste Formule 2, derrière les invincibles Alfa Romeo de Nino Farina et Juan Manuel Fangio, ce qui n’échappa pas à Enzo Ferrari, qui l’invita à tester la monoplace de Formule 1 préparée pour l’année suivante. Moss se présenta, tout plein d’illusions, au rendez-vous fixé par le boss. En apercevant la voiture rouge, il se glissa sur le siège, quand un mécanicien lui demanda ce qu’il faisait là. « Je suis Stirling Moss et je vais essayer cette voiture » « Non, c’est Piero Taruffi qui va la conduire » lui répondit le mécanicien !

Enzo Ferrari n’avait pas honoré sa parole, préférant un pilote italien à un britannique. Il ne s’expliqua jamais sur ce sujet…

Moss poursuit : « J’étais stupéfait que Ferrari ait changé d’avis, sans me le dire. Je n’ai pas oublié, et n’ai jamais pardonné, jurant de ne jamais courir pour lui. En fait, si j’ai tenu parole, c’est malgré moi, à cause de l’accident de Goodwood , mais vous comprendrez que c’était toujours un grand plaisir pour moi que de battre les voitures rouges »

A titre personnel, j’ajoute que l’apothéose fut au Grand Prix de Monaco 1956 : au volant d’une voiture rouge il humilia la Ferrari de Fangio. Ah ! Je précise qu’il pilotait une Maserati !

Stirling-Moss-Maserati!

En 1961, Moss courait sur une modeste Lotus de Rob Walker, et ne put rien faire face aux bolides rouges, sauf  au Nürburgring et à Monaco, deux circuits de pilotes, où il exprima son immense talent en ‘larguant’ les Ferrari.

A la fin de l’année 1961, Enzo Ferrari, qui tenait plus que jamais Moss en grand respect, le convoqua à Modène et déclara : « Dis-moi quelle voiture tu veux, je te la construis » se souvient Moss, qui répondit : « Je veux une Ferrari 250 GTO pour British Racing Partnership, mon écurie, peinte en bleu, et je veux une Ferrari 156 de Formule 1 peinte aux couleurs (également bleu foncé !) de Rob Walker… Dans ces conditions, je suis d’accord de courir pour vous ».

Incroyablement, le Commendatore avait accepté, un geste très inhabituel chez lui, rendant hommage à sa manière au champion sans couronne, mais Moss ne conduisit jamais ce bolide bleu, car à quelques jours du début de saison 1962, son accident de Goodwood mit fin à sa carrière. Il pilotait une Lotus privée et tira tout droit à l’entrée d’un virage et s’écrasa contre le talus. Il passa un mois dans le coma et de nombreuses semaines à l’hôpital.

Au printemps 1963, près d’un an après son accident, il se testa au volant d’une voiture de course mais, constatant ses difficultés à se concentrer, il préféra mettre un terme à sa carrière.

Dans son livre «Piloti che gente», Enzo Ferrari écrivait que Moss «avait une passion incroyable pour la vitesse, roulait vite dans n’importe quelle voiture, et que s’il avait été moins nationaliste, il aurait remporté le titre mondial qu’il méritait» Le Commendatore ajoutait : Stirling Moss est un pilote de la trempe de Tazio Nuvolari… un éloge assez peu courant chez le seigneur de Maranello !

 

Enzo Stirling!

Modena en 1986. Deux ‘monstres sacrés’ se retrouvent enfin.
Coïncidence: les deux sont décédés à 90 ans, dans leur lit !

The end ! What else ?

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