J’ai vexé un ami motard…

(Une histoire qui rejoindra ma page Les souvenirs d’un motocycliste)

Professionnel dans le sport automobile je cultivais parallèlement ma passion pour la moto et profitais de mes accréditations pour suivre les Grands Prix moto. Ma situation familiale ne me permettait pas d’avoir ma propre bécane et je me rendais à Monza, Assen et au Circuit des Montagnes d’Auvergne comme passager de la Norton Atlas 750 de mon ami Armand. Ensuite il m’a souvent accompagné dans ma carrière professionnelle ‘auto’ comme conducteur et organisateur quand je traversais l’Europe avec le Ford Econoline de Goodyear pour faire mon job dans les relations publiques. Une petite parenthèse : Carroll Shelby avait mis son nez dans le moteur aux USA avant livraison à Genève. Il avait gardé la boîte 3 vitesses mais avait remplacé le moteur d’origine, un 2500 cc je crois par un 4 litres genre Mustang Shelby. Donc, avec l’ami Armand, nous écumions les routes de France et de Navarre à 160 km/h. Je ne vous raconte pas la tronche des conducteurs de Triumph Spitfire et de Mini Cooper quand nous les doublions…

Au Grand Prix d’Italie à Monza j’organisais et animais le stand Goodyear et Armand m’avait promis sa visite à moto. Je lui avais fait parvenir un laisser passer et lui avais annoncé une surprise !

Cette surprise avait un nom : Giacomo Agostini, 15 fois Champion du Monde.

A l’heure prévue Ago passe au stand et me demande des nouvelles de mon ami motard. Pas arrivé ! Puis passe Jean-Claude Killy à qui je demande aussi de revenir plus tard pour rencontrer un « vrai motocycliste ». Mes deux amis, immenses champions, sont revenu plusieurs fois : « Et ton pote, pas encore arrivé ? ». A la fin j’ai déclaré qu’il avait dû avoir peur de la pluie et me suis excusé auprès de Nino et Jean-Claude pour le dérangement !

Mon pauvre Armand avait tout simplement explosé le moteur de la Norton Atlas dans la montée du Grand St-Bernard ! C’était avant le téléphone portable et je n’ai su la vérité que le lundi. Quand je lui ai dit qui l’attendaient à Monza et que je les avais informé que mon pote avait eu peur de la pluie… vexé, il a fondu en larmes ! Authentique.

Précision pour mes jeunes lecteurs : c’est comme si je vous avais obtenu un rendez-vous avec Valentino Rossi et Marcel Hirscher ! Vous comprenez mieux mon ami Armand hein?

 

Formule 1

Histoires – Statistiques et même… Secrets d’alcôve !

Avant le début de la 67ème saison du Championnat du monde de Formule 1 voici quelques statistiques et affirmations peu connues: Les champions du monde  Fangio, Phil Hill, Jack Brabham et John Surtees sont les seuls à être morts dans leur lit. Mais les autres ?

Je vais vous étonner : Des Champions du monde qui nous ont quitté seul Ayrton Senna s’est tué en course de Formule 1 ! Alors vous continuez d’affirmer que ce sport est dangereux ? Récapitulons :

  • Giuseppe Farina le premier titré dans cette catégorie en 1950 s’est tué dans un stupide accident de la route.
  • Alberto Ascari titré en 1952 et 53, miraculé au GP de Monaco quand il avait dû être repêché dans la mer par des plongeurs après un tout droit au passage de la fameuse « chicane ». Il était en arrêt de ‘travail’ mais avait désobéi aux médecins une semaine plus tard pour essayer une voiture de Sport à Monza en essais libres. Une sortie de route devait lui coûter la vie.
  • Mike Hawthorn Champion en 1958 s’est tué sur la route après sa retraite. Pour la petite histoire on dit qu’au volant de sa puissante Jaguar il « faisait la course » avec  Rob Walker et sa Mercedes 300 SL… ceci sous toutes réserves !
  • Graham Hill Champion en 1962 et 68, retraité des circuits s’est tué aux commandes de son avion. Rappelons que Graham Hill est à ce jour le seul pilote a avoir la Triple Couronne : 24 Heures du Mans, 500 Miles d’Indianapolis et le Championnat du monde de Formule 1.
  • Jim Clark double champion en 1963 et 1965, est mort sur le circuit de Hockenheim au volant d’une Formule 2.
  • Denny Hulme  Champion en 1967 est décédé à l’âge de 56 ans sur un circuit des antipodes, il participait à une épreuve de voitures de Sport et a eu une crise cardiaque en cours d’épreuve. Sa voiture a ralenti et s’est arrêtée sans autre dommage mais le pilote était mort au volant.
  • Jochen Rindt l’unique Champion du Monde à titre posthume, s’est tué aux essais du GP d’Italie 1970
  • James Hunt Champion du Monde en 1976, mort d’une crise cardiaque à 46 ans. Sa vie ne me regarde pas mais il faut savoir qu’il s’agissait d’un « bon vivant » pour rester correct : drogue, alcool, aventures féminines (il revendiquait paraît-il avoir couché avec 5000 femmes, même Roco Sifredi est battu) et vie disons… ‘originale’ : n’emmenait-il pas son chien manger dans les meilleurs restaurants de Mayfair ! Son pilotage un peu excessif et téméraire lui avait valu le surnom de « Hunt the shunt » c’est tout dire !

Donc  le seul pilote tué en course de Formule 1 est Ayrton Senna.

Avec le décès de Sir John Surtees  c’est Jacky Stewart né en 1939 qui devient le doyen des Champions du mondes de F1, devant Mario Andretti (1940). Les deux seuls plus âgés que moi mais cette précision n’intéresse bien sûr personne ! A la suite d’une remarque d’un jeune fan je précise que Stirling Moss ne fût JAMAIS Champion du monde. Le Poulidor de la F1 en quelque sorte!

Puis Emerson Fitipaldi (1946), Niki Lauda (1949) et Jody Schekter (1950)

Les autres sont des gamins : Alan Jones, Nelson Piquet, Keke Rosberg, Alain Prost, Nigel Mansel, Damon Hill et Nico Rosberg (les deux seuls Champions du monde à partager cet honneur avec leur père, Graham Hill et Keke Rosberg!), Jacques Villeneuve, Mika Häkkinen, Fernando Alonso, Kimi Räikkönen, Lewis Hamilton. Jensen Button et Sebastien Vettel. Je n’oublie pas Michael Schumacher, sept fois couronné mondial, pour lequel j’ai une pensée plus qu’émue !

Echangerais Kawa contre Yam V Max !

(Une histoire qui rejoindra ma page Les souvenirs d’un motocycliste)

J’ai toujours admiré la Yamaha V Max sortie en 1985. Puissance brute, 1200 cm3, 145 CV. gueule d’enfer, qualifiée de ‘bestiale’ par les connaisseurs !

Lors d’une virée à moto entre copains en Provence nous prenons un verre sur une terrasse. Le soir cet établissement est le rendez-vous des motards de tout poil. A notre table un client en civil, c’est-à-dire sans cuir, bottes et ‘tout le saint frusquin’. Nous faisons connaissance et roulons un peu les mécaniques devant ce qui nous paraît une attitude envieuse pour nos bécanes et nos ‘déguisements’. Tu parles ! Près de nos motos… une Yamaha V Max est la cible de tous les regards et nous évoquons cette superbe mécanique avec notre voisin en civil. « Ouais c’est ma patinette ! ». Alors le ton change et du coup c’est nous qui avons des yeux de gosses devant un mât de cocagne !

Nous partageons quelques bières et je ne peux plus retenir mon envie, lui disant que piloter une V Max est un vieux rêve. Sans hésiter il me tend les clés de son bijou  et m’invite à aller faire un tour avec l’objet de ma convoitise. Je n’hésite pas à lui glisser mes propres clés pour qu’il essaie la Kawa. Et c’est la vexation ! Il me renvoie mes clés avec un geste un peu énervé et ajoute : « Je n’ai aucun intérêt pour ton ‘piège’ en plastique mais tire-toi vite fait avec la Yam !»

J’ai eu une hésitation, presque la tentation de laisser tomber ce ‘cuistre’ mais l’envie a vite repris le dessus. Faut dire que les quelques kilomètres avec ce monstre ont été fabuleux. Ça pousse tellement brutalement grâce à un couple d’enfer que tu peux te tromper de rapport de vitesses, l’accélération reste phénoménale. Je n’ai pris aucun risque car légalement j’avais probablement bu une bière de trop et j’ai ramené le joujou avant d’inviter la tablée à une tournée générale.

Il y a des moments dans la vie qui nous rendent euphoriques non ?

 

La position Kawasaki

Ce texte rejoindra ma page Les souvenirs d’un motocycliste

Un petit récit concernant les chevaux: les vrais équidés et les chevaux de la Kawa!

La seule fois que je suis monté sur un cheval c’était dans la Drôme lors d’une sortie entre copains, tous motards et profs de ski. Notre accompagnateur avait péremptoirement décrété que quand on sait skier on sait monter à cheval… le con ! Donc départ sans conseils, sans vérification de la (mauvaise) hauteur des étriers et sans mise en garde sur la relative dangerosité de trotter et galoper au cours du premier kilomètre d’une sortie d’initiation, authentique, donc bien sûr sans passer par le manège normalement conseillé aux débutants. J’étais arrivé au guidon de ma Kawa 1000 RX et comme je me tenais sur l’équidé comme un crapaud sur le goulot d’une fontaine notre accompagnant se moquait de moi en évoquant, avec « l’assent » du Sud, la position Kawasaki. J’ai encaissé ses sarcasmes sans répondre… Le soir, alors que nous nous rendions au patelin voisin pour prendre un verre, mes jeunes accompagnants motards n’ont pas eu de peine à convaincre le ‘moniteur’ d’être passager de ma Kawa: « Viens avec nous mais monte sur la bécane du ‘vieux’, tu seras plus tranquille qu’avec les jeunes fous! ». Alors j’ai fait 200 mètres ‘tranquillos’ pour le mettre en confiance car malgré qu’il avait choisi l’ancêtre je le sentais moins à l’aise que sur un cheval: 1ère, 2ème 3ème 4ème à 2500 tours minute (60 kmh) puis, au début d’une ligne droite de plus d’un kilomètre, en repensant aux nombreuses moqueries  de mon passager pendant la balade, mes mains se sont crispées, la buée a flouté la visière de mon ‘heaume’ (je préfère heaume à casque car ici il s’agit plus de cavalerie que de moto, vous allez voir !)… et j’ai rétrogradé jusqu’en 2ème puis « GAZ! » A coup de 11’500 tours sur chaque rapport, j’ai posé les 140 CV sur le bitume. A la fin de la ligne droite, à fond de 6ème ça donne une vitesse exacte de 267 km/h chrono. Je ne vous raconte pas la fin de la soirée au bistrot. Mon cavalier, qui avait appris à ses dépens ce qu’est la position Kawasaki, n’a pas arrêté, pendant plus d’une heure, de raconter à ses connaissances la petite farce que nous lui avions réservée. Vous étonnerais-je en disant qu’il n’est pas rentré avec moi, préférant l’invitation d’un automobiliste de ses amis. On n’est jamais trop prudent non ?

Le lendemain, il m’a foutu une paix royale, me laissant monter mon cheval comme bon me semblait… ou comme je pouvais ! Aucun commentaire, aucune allusion à la position Kawasaki !

Il ne faut jamais se moquer des jeunes vieux ni des vieux jeunes du reste !

 

Premier souvenir de Monza

1964

L’Année Automobile m’envoie à Monza pour mon premier reportage au Grand Prix d’Italie de Formule 1. Pendant que je prends mes quartiers à l’hôtel Auriga au pied de la Tour Pirelli à Milan, un malintentionné casse une vitre latérale de ma DKW Junior pour une tentative de vol. Le réceptionniste téléphone une connaissance à lui en relation avec le milieu des garages. Si je me souviens bien DKW n’a jamais été importée en Italie car le système fiscal taxait les deux temps à double pour favoriser les Fiat 600. A noter que c’était de bonne guerre puisque un deux temps produit de la puissance à chaque tour contrairement à un quatre temps qui « se repose » un tour sur deux !

Donc ce jeune homme me pilote dans la banlieue de Milan où on répare les dégâts. Je lui offre un verre, l’invite à manger à l’hôtel et prend rendez-vous pour le lendemain pour l’emmener au circuit et le faire entrer avec les laisser-passer que je recevais toujours des organisateurs. Eh ! L’Année Automobile avait un certain prestige !

A l’heure dite il monte dans ma voiture avec un copain. Je remarque que deux voitures nous suivent et je précise tout de suite que je n’ai que deux laisser-passer. « Pas de problèmes, mes potes savent se débrouiller ! ». A l’arrivée au circuit je vois que mes deux passagers ont chacun un parapluie alors que le temps est bleu de chez bleu. Peut-être pour se protéger du soleil ? Nous entrons dans l’enceinte après que les cerbères aient contrôlé mon accréditation et les billets d’entrées de mes amis. Je les laisse dans la zone à laquelle ils ont droit mais avant de rejoindre la tribune de presse je les observe discrètement. De l’autre côté du treillis on hèle mes deux gaillards : «Gigi dame l’ombrello per piacere ! »

On passe les deux ‘pébroques’ contenant bien sûr les billets d’entrée à travers les mailles et du coup Monza accueille deux spectateurs de plus. Quelques mètres plus loin les nouveaux arrivants sont à leur tour hélés par d’autres potes en quête de sésames pour grossir les rangs des tifosi. Je pense avoir fait pas mal d’heureux ce jour là ! Et ils ont pu assister à la victoire d’une Ferrari pilotée par John Surtees. Pour la petite histoire signalons que Mike Hailwood pilotait une Lotus-BRM. Donc mes « petits protégés » ont pu voir 9 + 7 soit 16 titres de champions du monde moto au volant de deux Formule 1 !

Frontière ça rime avec chicanière ?

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« Et si Facebook disparaissait? »
Le revoici pour les nouveaux lecteurs! Oui, je sais que certains vont dire que je me répète mais tout le monde n’a pas encore lu « Et si Facebook disparaissait » hein?

Fernand Reynaud disait: Chuis pas un imbécile, chuis douanier!

La course se déroulait au Salzburgring. Je dormais déjà dans un confortable hôtel de la ville de Mozart. Minuit. Téléphone ! Les mécaniciens de mon équipe qui ne parlent pas un mot d’allemand sont bloqués à la douane du Brenner et il va donc falloir quitter mon doux Requiem pour faire 120 km à des vitesses que la morale et la loi réprouvent, pour dénouer ce sac de nœuds. Merde alors !

Georges Filipinetti, mon patron, avait des principes : toutes ses voitures de course, de la simple Tourisme à la Formule 1 étaient immatriculées. Il obtenait des plaques GE (Genève) sans que ses bolides n’entrent jamais sur le territoire de Calvin. C’est beau d’être ambassadeur de San Marino auprès de l’ONU, d’avoir des relations… et quelques arguments financiers. Il évitait ainsi d’avoir à verser des sommes colossales comme garantie douanière ou de constituer des triptyques aussi chiants que générateurs de tracasseries administratives !

Il y avait parfois des complications. Au Brenner ce fût le cas ! Nous sommes tombé sur un douanier porteur d’œillères (pléonasme !) mais le seul gabelou d’Europe connaissant bien son sujet! Règlement à l’appui nous venions d’apprendre qu’en ce temps là une voiture, qu’elle fût de course ou de route, sur une remorque, devait avoir un passavant ou un triptyque. Si elle était immatriculée elle pouvait passer sans ces documents douaniers, mais sur ses roues! Point final. Dans le cas qui nous occupe et au vu de l’esprit borné des cerbères autrichiens, j’ai fait en sorte que la farce tourne franchement au vaudeville et j’en ris encore. Il est deux heures et demie du matin.

« Donc les deux voitures, des Fiat 128 de Groupe 2, de plus de 160 CV,  échappement libre, doivent passer sur la route? » « Ja wohl! » « Kein Problem ! »

Nous basculons les rampes d’accès du camion, de sa remorque et déchargeons avec précaution les deux bolides. Un mécanicien dans l’une et votre serviteur, trop ravi de l’aubaine, dans l’autre. C’est vrai qu’à ce moment précis, je me prenais pour Juan Manuel Fangio, Jackie Stewart et même pour le bébé qui allait se faire connaître plus tard sous le nom de Michael Schumacher ! Moteur ! Je devrais dire MOTEUR ou même MOTEUR ! Vous avez compris le gag. Vroum Vroum Vroum Vroum et VROUM VROUM !

Le Salzkammergut et le St. Wolfgang See tremblent … l’Auberge du Cheval Blanc se lézarde ! C’est un enfer nocturne de décibels dans ce  havre de paix tyrolien ! Le douanier :

«Bon, ça suffit… ces voitures ne sont pas conformes !» «Si, si, vous voyez bien qu’elles sont immatriculées, ont une carte grise, donc ‘légales’… et c’est même pourquoi vous nous les avez fait décharger!» «Mais passez donc cette frontière et qu’on en termine avec ce vacarme!» «Désolé, mais ce genre de moteur nécessite d’être longuement chauffé avant de pouvoir fonctionner sans dommage pour la mécanique, un peu comme si vous pensiez bricoler votre épouse Brunehilde sans faire les indispensables échauffements préliminaires!»

Revroum vroum et même, pendant plus de 3 minutes, vroum VROUM !

«Bon les gars, assez rigolé, les moteurs sont à la bonne température et surtout… mon lit douillet de Salzbourg m’attend».  Alors gaz!

Sur ce genre de machines, pas question de chercher le point de friction de l’embrayage comme on vous l’a enseigné à l’auto école car il «cramerait». Il faut coller les disques en lâchant la pédale d’un coup. Comme on ne va pas risquer de caler devant ces messieurs de la Douane, on maintient le compte tours à 7000 tours/minutes et le départ d’Italie s’effectue comme à la télévision, dans un formidable tintamarre, une scène digne de la chevauchée des Walkyries ou de Easy Rider avec nuage de fumée, odeur d’huile surchauffée, de pneus et de bitume brûlés. Les deux voitures accélèrent en un  burning parfait et on plante les freins 40 mètres plus loin… en Autriche ! La douane est passée légalement. Ouf ! On recharge les voitures. On salue les hommes de la loi frontalière, trop heureux de voir s’achever le dernier acte de ce charivari Dantesque et Wagnérien et pour ce qui me concerne : Direction l’hôtel de Salzburg pour terminer cette nuit mozartienne au son de Die Kleine Nachtmusik, version racing 130 décibels.

Ach wie schön sind die Träumen! Gute Nacht! Vroum Vroum Vroum…

Le dernier pour la route

Cet article a déjà été publié dans mon blog  « Et si Facebook disparaissait? » Le revoici pour les nouveaux lecteurs!

Ne tombez pas dans le panneau!

« Merci de ne pas rouler trop vite ! » vu récemment en France

« Radar, 137 permis retirés » vu en Suisse au début d’un chantier routier

Ridicule!
Espérer de la responsabilité chez un conducteur d’automobile c’est comme imaginer de la probité chez un homme politique…

Je milite pourtant pour moins de police et plus de civisme. Je préférerais que chacun, s’il en est capable, puisse rouler à la vitesse qu’il peut assumer et surtout qu’il estime adaptée au trajet qu’il emprunte. Comme ce n’est jamais le cas, on édicte des lois. Désolé!

Et une loi, aussi impopulaire qu’elle soit, il faut l’appliquer, démocratiquement et avec rigueur. Malheureusement!

La seule solution est donc de réprimer, châtaigner, tailler, ‘corvéer’, ‘cœrcitiver’, amender, emprisonner. Radars plus nombreux, plus secrets et plus performants, amendes plus salées, plus de gendarmes (les vrais… pas les couchés !) Et surtout abandonner les conseils gnan gnan et passer aux panneaux qui frappent :

  • Excès de vitesse…  On te botte les fesses !
  •  Hypocondriaque… Reste à la baraque !
  •  Ralentis connard… On va te foutre au chtar !
  • Plus de 130 à l’heure… On t’a dans le viseur !
  •  Encore plus vite… On commence la poursuite !
  •  Sur la troisième voie… Nos cameras te voient !
  •  Et le panneau 100 tu l’as vu… Trou du cul ?
  •  Respecte le code: Ni gastéropode… Ni guépard…  Gare au radar !
  •  Ferrari Aston… T’as des ronds… Mais 220 tout rond… T’es un vrai con!
  • On va te photographier… Imbécile à chier !
  •  Espèce d’ignare… Tu vas nulle part !
  •  200 à l’heure…  Où est ton honneur ?
  •  Malgré ta bonne bouille… On t’arrachera les couilles
  •  Tu vas tomber dans le vide… Mongoloïde !
  •  A 160 mon mignon Tu fais le fanfaron Mais tu seras marron Avec ton permis dans le croupion
  •  Eh ! l’énergumène… Quel train tu mènes !
  •  Irréductible conduisant… Foutez-moi ça dedans !
  •  A cette vitesse là… Tu n’y échapperas pas !
  •  8000 tours…T’es à la bourre… Attention : le hic… V’là les flics !
  •  Tu fais le paon… Au volant… Ralentis… La police te suit !
  •  Et les freins… C’est pour les crétins ? Même avec une Prius… Tranquilo moderatus!
  •  200 à l’heure ? Panne d’accélérateur ? Tu t’fous de la loi… Même en Toyota !
  •  Conduire à ce train d’enfer… Te conduit chez Lucifer
  •  Putain quel tapage…  Gare au dérapage 
Et pour finir, ma préférée :
Chauffard misérable
Ta future veuve est encore baisable !

Faciamo un poco de casino !

Tour de France auto 1971

La Scuderia Filipinetti a engagé une Ferrari Daytona carrosserie alu pour Vic Elford et Max Kingsland. Nous avions tenté de reconstituer le binôme vainqueur du Rallye de Monte Carlo 1968 Elford-Stone mais David avait juré qu’ « on ne l’y reprendrait plus » comme le disait La Fontaine. On devrait ajouter « jura, mais un peu tard » comme le corbeau de la fable, car l’année suivante, en 1972, David Stone revenait sur sa décision et j’ai eu l’occasion de diriger ce formidable équipage. L’aventure s’était terminée prématurément sans dommages humains mais la belle Daytona à trente mètres au fond d’un ravin en Alsace n’avait plus très bonne façon

Revenons au Tour de France 1971. Pour l’anecdote sachez que le jeune et sympathique Max Kingsland était dans le civil à la tête d’une importante affaire de pompes funèbres en Angleterre. Et comme tous ceux qui se consacrent à cette délicate profession, il avait un humour féroce !

Gérard Larrousse ‘co-drivé’ par Johnny Rives journaliste auto à ‘L’Equipe’ avait gagné sur Matra MS 650, devant Jabouille sur Ferrari 512M, Ballot-Léna sur Porsche 911S et notre Daytona en quatrième position ! Ce Tour de France 1971 me restera en mémoire pour au moins trois raisons : 1° L’histoire de la boîte de vitesse « radioactive » dont je vous parlerai plus loin 2° Ma contribution à la deuxième place de Jean-Pierre Jabouille puisque un matin, son proto refusant de démarrer à quelques minutes du pointage au départ, risquant la disqualification, je l’avais tracté en tournant en rond sur une grande place dans la banlieue de Reims avec la Volvo Break de la Scuderia Filipinetti. Maintenant que je repense à cette aventure j’avais sans le savoir joué contre notre équipe car sans mon aide au sympathique ‘Mamouille’ nous aurions gagné une place à l’arrivée ! Mais on ne va quand même pas regretter un geste sportif non ?

La troisième raison est que grâce à l’amabilité de Monsieur Georges Filipinetti j’ai eu l’insigne honneur de ramener cette Daytona de Nice à Genève. Je ne vous dis pas les sensations pour un conducteur ‘lambda’ de maîtriser les 440 CV de ce monstre sur l’autoroute, avec des pointes à 325 km/h. Une des plus grandes satisfactions de ma carrière dans le sport automobile !

Comme promis voici l’histoire de la boîte de vitesses.

C’était le point faible de notre voiture et nous avions une boîte de rechange dans le camion d’assistance. Mais il fallait être discret car tout changement d’accessoire important était strictement interdit par le règlement. De plus on nous avait dit que la peinture posée par les commissaires sportifs au départ était impossible de recréer car radioactive. Nous avons appris bien après la fin de l’épreuve qu’il s’agissant de vulgaire barbouille. Donc à Albi, au vu des signes de faiblesse de notre boîte de vitesses l’ingénieur Parkes avait préparé une mise en scène avec nos mécanos pour changer discrètement la boîte sur une place publique pendant les 40 minutes dont nous disposions pour faire les révisions journalières devant des centaines de spectateurs et peut-être quelques commissaires. On soulève l’arrière de la Daytona. On ouvre le capot avant en faisant semblant de travailler sur le moteur mais en même temps un mécano se couche sous la voiture et découple la boîte. Il faut rappeler que l’architecture de transmission est de type transaxle, la boîte de vitesse étant accolée au différentuiel du pont arrière !

On amène discrètement la nouvelle boîte couverte d’un tissu sur un chariot et c’est le début du cirque. Mezzo voce Mike Parkes motive ses troupes « Faciamo un poco de casino ! » (en français on fout un peu de bordel !) et le staff ne se fait pas prier: Ça courre dans tous les sens. Des cris et des ordres ressemblant à une crise de panique, limite hystérique, bref du grand spectacle ! Et c’est ainsi que la boîte ‘malade’ a été remplacée par une neuve sans que personne  n’ait remarqué quoi que ce soit!

Comme nous pensions encore à cette histoire de la marque à la peinture radioactive, la boîte fût envoyée à Maranello par voiture rapide, réparée et de retour parmi nous avant la fin du Tour. Il aura suffi de répéter la grande scène de l’Acte 3 de la Comedia del Arte avant l’arrivée pour remettre les choses en l’état d’origine. Quelle époque !

 

 

 

Jacky Ickx

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Le revoici pour les nouveaux lecteurs, avec mes affectueuses excuses à ceux qui pensent que je radote!

Arrivée des 24 Heures du Mans il y a quelques années. Je regarde la fin de l’épreuve à la TV et je retiens une image forte, très forte de Jacky Ickx prenant dans ses bras son successeur recordman de victoires au Mans, le danois Tom Kristensen avec des larmes dans les yeux en lui témoignant sa sympathie pour le décès d’un de ses compatriotes en début de course. L’instant m’a bouleversé car c’était la deuxième fois que je voyais pleurer Jacky Ickx…

La première, c’était en 1969, à Villars sur Ollon. Avec Jack Brabham, Giacomo Agostini, et Jacky Ickx nous étions les hôtes d’un célèbre personnage du sport automobile qui y possédait un très grand chalet luxueux. Je précise que si j’étais en si bonne compagnie c’est que je travaillais pour notre amphitryon.

Je ne donnerai pas son nom pour deux raisons: 1° Ce n’était pas un ami des animaux et 2°… il est mort!

Il avait deux superbes labradors qu’il se plaisait à rouer de coups pour bien montrer qui commandait dans sa demeure. Au retour d’une escapade le plus viril des deux quadrupèdes s’était pris des coups de pieds, de bâton et j’en passe. Il était 10 heures du matin et j’avais surpris Jacky en pleurs à la vue de la scène. J’entends encore ses paroles à mon oreille: (vous pouvez y mettre l’accent belge qu’il avait bien plus prononcé qu’actuellement…)

«Viens ‘mon bon Norbert’, allons prendre un café au village»

C’est ce que nous avons fait. Je le conduisais car il était venu en avion et il était resté silencieux durant le trajet du chalet au patelin. Nous avions pris le café sur une terrasse ensoleillée et celui qui allait devenir sextuple vainqueur des 24 Heures n’avait pas dit un mot au sujet de la scène de maltraitance animale. Mais il n’était pas nécessaire de parler pour partager une certaine idée de la décence…

Quand je l’ai vu tout à l’heure avec Tom, que j’ai vu ses larmes, j’ai été content d’être seul devant l’écran et que personne n’ait vu que moi aussi je faisais une crise de larmes…

Je roule au nucléaire

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Dans l’hexagone on prend vraiment les gens pour des abrutis chroniques et je le prouve avec la photo ci-dessous. Sur les bornes de recharge des voitures électriques on a placé ce panneau de la plus parfaite mauvaise foi prétendant que l’énergie délivrée était d’origine renouvelable :

De qui se moque-t-on?

Sachant qu’en France 75% de l’électricité est d’origine nucléaire un petit rappel est nécessaire: le nucléaire fonctionne avec de l’URANIUM, un minerai NON RENOUVELABLE et surtout en voie d’épuisement. (Vous pouvez vérifier, c’est avéré !)

Pour la suite il faudra avoir recours à des techniques d’extraction très coûteuses pas encore au point ou prier Saint François, Saint Nicolas ou Saint Emmanuel pour qu’on découvre de nouveaux gisements! Donc l’énergie nécessaire à la production d’électricité pour les voitures n’est pas plus renouvelable que le pétrole. Qui a dit  « en France on a pas d’uranium mais des idées? »

Amis Français on vous ment, on vous bourre le mou et on vous prend pour des demeurés. J’ajoute (un peu vicieusement d’accord!) que cette photo a été prise dans le département de la Corrèze (authentique) terre natale de l’un des plus grands menteurs de l’histoire.

Pour finir je suggère qu’on remplace le fallacieux argument «énergie renouvelable» par un grand autocollant à arborer obligatoirement sur cette absurde stupidité de voiture électrique:

JE ROULE AU NUCLEAIRE