Vraie fausse ou fausse vraie Ferrari?

Je vais vous parler, d’une authentique Ferrari qui sombra dans le ‘travestisme’ et en perdit sa filiation, répudiée par son géniteur lui même : Monsieur Enzo Ferrari !
‘La’ 250GT, châssis 2819 de mon récit, 2ème du Tour de France auto 1961 pilotée par Gendebien et Bianchi

Construite en 1961 sous le nom de Ferrari 250 GT SWB (type 539, châssis 2819GT) elle devint, en 1962, cette étrange voiture surnommée Breadvan (la fourgonnette du pain !)      

La Serenissima ‘Breadvan

Maranello lui refusa bien sûr l’appellation Ferrari et on la connaît sous le nom de ‘Serenissima’. 

Voici l’histoire, résumée, car il s’agit d’un feuilleton à la ‘Dallas’, donc interminable :

Le richissime Comte Giovani Volpi, propriétaire de la Scuderia Serenissima de Venise, avait engagé l’ingénieur Giotto Bizzarrini en vue de faire évoluer une 250GT pour concurrencer les Ferrari GTO venant de sortir de l’usine.

Juste pour rappel voici une fameuse GTO!

Giotto Bizzarrini, le concepteur de la GTO, venait de se faire ‘virer’ de Ferrari pour un différent avec ‘Il Commendatore’. Ce transfuge à la Serenissima fût très mal vu dans les environs de Modène et M. Ferrari mit tout en œuvre pour que son ancien ingénieur et son ennemi le Comte Volpi ne puissent acquérir aucune 250GT. C’était compter sans la complicité de Olivier Gendebien, le gentleman driver belge, 4 fois vainqueur des 24 heures du Mans (Toujours sur Ferrari d’ailleurs…). Il avait terminé 2ème du Tour de France auto de 1961 au volant de cette fameuse 2819 GT. Gendebien ne vit pas d’objection (Là je ne connais pas le montant de « l’objection » !) à vendre cette voiture au compte Volpi. A noter qu’elle avait déjà un moteur de 286 CV, culasse Testa Rossa, carrosserie et châssis allégés.

Les transformations faites par Bizzarrini (moteur) et Drogo (carrosserie) pour s’approcher des performances des GTO officielles peuvent se résumer à : déplacement du moteur vers l’arrière, donc arbre de transmission plus court et… plus léger et surbaissement en adoptant la technique de lubrification par carter sec, utilisation de 6 (oui six !) carburateurs Weber 38 DCN double corps et quelques autres détails, sans parler… de la carrosserie! Au palmarès de cette voiture unique et originale notons qu’après le Tour auto 1961 en version ‘native’ 250 GT de Gendebien, la version Breadvan s’illustra entre autre aux 1000 km de Paris et 24 Heures du Mans pilotée par des ‘pointures’ de l’époque : Maurice Trintignant, Nino Vaccarella, Colin Davis et Lodovico Scarfiotti.

Sans oublier la célèbre course de côte Ollon-Villars 1962 pilotée par Carlo Maria Abate  
Votre serviteur akimismo avait été ‘époustouflé’ par cette carrosserie et a revu Carlo Abate, aujourd’hui âgé de 86 ans, lors de la même épreuve l’année suivante, cette fois au volant d’une… Ferrari 250 ou 330 GTO (Sais plus!).

Engagé comme commissaire de piste en 1963 je n’ai pas pu faire de photos. Dommage!

 

 

Je vous avais bien dit que son surnom était la Fourgonnette du boulanger!

J’espère que je n’aurai pas d’histoires avec… cette histoire !

J’effectue pas mal de recherches dans mes nombreux livres, des compilations sur Internet et surtout je fais fonctionner à plein pot ce qu’il me reste de mémoire ! Et ces activités s’avèrent fructueuses pour mes prochains blogs de Au temps des automobilistes. Vous devrez donc encore me supporter… si vous le voulez bien, c’est clair !
Préparant quelques sujets sur des voitures exceptionnelles je me suis bien sûr penché sur Ferrari. Au passage un cordial salut à mon ami Goupil Rouge (c’est son pseudo sur Facebook) qui en sait plus que moi sur les voitures à l’emblème du Cheval cabré ! Il sera intéressé, vous aussi je crois, par cette découverte et peut-être qu’un de mes lecteurs ou blogueur ami (ies !) pourra m’en dira plus sur cette comparaison inattendue.

 

Cette photo représente la toute première Ferrari, le modèle 125S sortant de l’usine en 1947 (Eh oui on vient de fêter les 70 ans de cette marque prestigieuse !) Les ‘graffiti’ sur la façade montrent 2 fois le marteau et la faucille, un emblème qui ne doit pas être celui des actuels possesseurs de voitures de Maranello hein ? Tout en haut du mur l’inscription : W LA LIBERTÀ W IL LAVORO. Le W est utilisé en italien pour abréger ‘Evviva’. Donc sur le fronton de l’usine nous lisons

 VIVE LA LIBERTÉ, VIVE LE TRAVAIL!

Que pensez vous de ce rapprochement avec un fameux portique de triste mémoire à l’entrée d’Auschwitz avec son slogan : ARBEIT MACHT FREI?

LE TRAVAIL REND LIBRE!

 

Chacun tirera ses propres conclusions. Les miennes c’est que peu de Ferrari ont été immortalisées au passage de ce portail !