De toutes les couleurs ! (Première partie)

Les couleurs nationales des voitures de course font maintenant partie de l’histoire, sacrifiées dès 1968 sur l’holocauste de la publicité. Dommage…

Je ne suis ni nationaliste ni chauvin mais j’aimais bien les couleurs distinctives attribuées aux pays.  En compétition automobile on doit le ’bleu de France’ symbole des rois depuis la dynastie des Capétiens, à la couleur historique des Bugatti et Gordini,  l’excellence des constructeurs français. Allez les ‘bleus’ vous connaissez ?

Le vert de la Grande-Bretagne, alias British Racing Green, vient en fait du vert irlandais, le “shamrock green”. Lauréate de la Coupe Gordon Bennett en 1902  la Grande-Bretagne se devait d’accueillir l’édition 1903 de cette compétition, mais comme le Motor Car Act limitait la vitesse sur les routes à 14 mph (environ 22 km/h) la Coupe Gordon Bennett 1903 s’exporta chez le voisin irlandais et c’est dans le comté de Kildare, au sud-ouest de Dublin, que la course se déroula. La Napier engagée par les Britanniques était donc de couleur verte, en hommage à leurs hôtes irlandais.

Le rouge de l’Italie, alias Rosso Corsa, rendu célèbre à travers le monde par Alfa Romeo, Maserati, Lancia puis plus tard la prestigieuse Scuderia Ferrari, est l’héritier des chemises rouges de Garibaldi qui en 1860 conquirent le Royaume des Deux-Siciles. La première victoire d’une voiture italienne rosso corsa fut au raid Pékin – Paris en 1907.

Le blanc de l’Allemagne vient du blason des Hohenzollern (dynastie dont l’influence se termina avec la fin du règne de l’empereur Guillaume II en 1918), couleur reprise par l’équipe nationale de football, la célèbre Mannschaft quadruple championne du monde. 

En 1934, afin d’atteindre le poids règlementaire de 750 kg pour courir dans la catégorie ‘monoplaces’ aux Coupes de l’Eifel, sur le circuit du Nürburgring, Alfred Neubauer avait fait poncer la carrosserie blanche de la Mercedes W25 de Manfred von Brauchitsch, pesée à 751 kg.

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Mercedes W 25. 400 CV. Huit cylindres en ligne à compresseur! Je vous laisse imaginer la taille du villebrequin!

Sans peinture les Mercedes respectaient le poids de la catégorie en devenant « Flèches d’argent » par l’éclat de l’aluminium. La légende des « Silver arrows » venait de naître, mythe perpétué par Rudi Caracciola puis par les virtuoses Juan Manuel Fangio et Stirling Moss dans les années 50 sans oublier Schumacher, Hamilton, Bottas et Rosberg plus récemment.

Dans les années 60 on est parfois revenu au blanc traditionnel allemand avec l’avénement du plastique notament dans les courses de côte avec le Bergspyder.

Le jaune de la Belgique vient du jaune or de son drapeau, symbolisant la sagesse. Le drapeau belge est celui de l’ancien duché de Brabant, représentant un lion d’or aux griffes et à la langue rouges, sur fond noir. 

Le blanc du Japon avec un disque rouge est directement tiré du drapeau national, Hinomaru, qui représente le soleil via un cercle rouge. Le disque rouge était présent sur le capot blanc des Honda quand l’Américain Richie Ginther imposa la monoplace japonaise en 1965 à Mexico.

L’orange fut utilisée par l’écurie McLaren entre 1966 et 1973, non pas à cause des couleurs nationales de la Nouvelle Zélande (leur drapeau renvoyant à l’Union Jack sur fond bleu avec des étoiles rouges) mais il ne restait plus d’autres couleurs suffisamment évocatrices parmi celles disponibles. Officiellement l’orange était attribué aux Pays-Bas, du fait de la dynastie Guillaume d’Orange, couleur magnifiée par les footballeurs néerlandais, les Oranje, en Coupe du Monde 1974 avec Johan Cruyff, mais mais l’absence de voitures hollandaises dans les Grands Prix permit à McLaren de s’attribuer la couleur orange !

Tout cela est maintenant de l’histoire, les carrosseries s’étant ‘prostituées’ aux couleurs des sponsors, jusqu’à peu essentiellement liés à la fumée comme le rouge Gold Leaf des Lotus, le bleu très clair des Mild Seven pour Renault, le noir des John Player Special puis le jaune Camel des Lotus. A noter que Enzo Ferrari, dans les années 1966-1980 avait déclaré à la presse : Mes voitures ne fument pas ! Ce qui ne l’a pas empêché d’associer peu de temps après le rouge Marlboro au Rosso Corsa de ses bolides.

Une info que mon ami Goupil Rouge connaît probablement mais qui peut intéresser ceux qui n’ont pas été élevés au lait de la « Jument cabrée »:

Il y a eu quelques monoplaces Ferrari de Formule 1 et 2 qui n’étaient pas rouges !

En 1964 le Commendatore s’était fâché avec la Fédération internationale de l’Automobile, protestant contre la non homologation de sa Ferrari 250 LM.

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Ferrari 250 LM

Il avait ponctuellement ‘quitté’ la Formule 1, confiant à son importateur américain Luigi Chinetti l’inscription de ses voitures pour deux Grands Prix sous les couleurs bleu et blanc du NART (North American Racing Team). Lorenzo Bandini termina 3ème  au GP du Mexique, derrière John Surtees aussi sur une Ferrari ‘azzurro e bianco’

 

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John Surtees sur la 158 F1 au GP des Etats Unis de Watkins Glen 1964 (2èmederrière Graham Hill sur BRM et devant Jo Siffert sur Brabham BRM).  Résultat suffisant pour assurer son titre de champion du monde.

Quelques Ferrari officielle jaunes.

Une 500 Formule 2 pour le pilote belge Charles de Tornaco en 1952

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et une 246 Formule 1 (Ecurie Francorchamps) en 1958 pour Olivier Gendebiens-l400.jpg

Terminons par la Ferrari 158 Formule 1 avec laquelle Gendebien termina 4ème du GP de Belgique 1961, le vainqueur était Phil Hill champion du monde. Le pilote belge connu surtout pour ses 4 victoires au Mans devança John Surtees, Dan Gurney, Jo Bonnier et Stirling Moss…  Il pilotait une

Ferrari Formule 1 JAUNE !

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Il y aura une suite plus personnelle et polémique à cet article. « Des goûts et des couleurs », vous me connaissez non ?

 

 

 

Et ce morveux qui prétendait me remplacer !

Salon de l’automobile de Genève 1969. Je viens de quitter l’Année Automobile pour collaborer aux Relations Publiques de Goodyear, Racing Division pour l’Europe. Je rencontre le fameux photographe Yves Debraine, pilier historique de l’Année Automobile. Retrouvailles, effusions, rires, chaleureuses embrassades !

Yves est accompagné d’un jeune homme timoré et sans personnalité apparente. Il nous présente : Akimismo…  ‘Untel’… (J’ai oublié son nom) « Enchanté ! » dis-je, avec un sourire correct.

Et le nouveau venu se redresse, fait une sorte de crise d’orgueil, raffinant en me snobant, la bouche en cul de poule : « Je vous ai remplacé à l’Année Automobile ! »

Mais y m’énerve ce prétentieux que j’ai de la peine à encaisser, ceci dès notre premier échange ! Je n’ai donc aucun regret à  ‘moucher’ ce petit merdeux séance tenante :

« Jeune homme, tout au plus m’avez-vous succédé, car sachez que je suis irremplaçable ! »

J’ajoute avec dédain : « Bonne chance », salue mon ami Yves et continue mon chemin. J’ai appris plus tard que ce cuistre prétentieux n’avait fait qu’un mois et demi à la rédaction de ma revue préférée. Comme quoi !

 

Polémiste moi? Bin… oui!

Vous comprendrez que ce texte soit un peu long pour ma page… En deux mots!
Il sera donc logiquement ajouté à ma page Les souvenirs d’un motocycliste

Moto Grand Prix d’Argentine du 8 avril 2018

On a beaucoup parlé de l’accrochage Márquez/Rossi au récent Moto GP del Autódromo Termas de Río Hondo, de l’attitude du Catalan et de la chute de l’Italien. Voici encore un peu de ‘grain à moudre’ sur cette affaire au risque peut être de m’attirer quelques inimitiés dans le monde de la moto… J’assume!

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  • Les Français n’ont ‘pas vu’ que Zarco a sorti Pedrosa en le poussant sur une zone mouillée. Mais Zarco n’a pas (pas encore ?) le passé de Márquez dans les manœuvres ‘viriles’ limites! Le jeune Français ferait pourtant bien de relire ses classiques et d’apprendre comment le regretté Simoncelli s’était fait accueillir au GP d’Espagne (Gardes du corps, Guardia Civile, j’en passe !) après avoir fait chuter… ‘bin justement’ Dani Pedrosa.
  • Les Italiens n’ont d’yeux que pour Rossi et on ne peut pas vraiment leur en vouloir… mais on ne peut pas non plus se fier à leurs commentaires !
  • Les Espagnols, au lieu d’ouvrir les yeux et d’admettre les agissements délictueux de leur chouchou, nous ‘rabâchent’ l’historique de Rossi, pointant toutes les fois qu’il avait agit à la limite du correct ! C’est vrai que le Docteur n’a jamais été un tendre mais de là, pour la énième fois, à nous remettre sur le plateau l’histoire du Grand Prix de Sepang 2015… Pfffffffffff!

 Moi non plus je n’ai pas oublié Sepang, mais attendez la fin de ce texte !

J’ai la chance de lire la presse en plusieurs langues et je m’octroie le droit de la ‘ramener’ sur la course de dimanche dernier en Argentine, me limitant à énumérer les « faits d’armes » de Márquez :

Il cale au départ, remet sa machine en marche en sens contraire, ignore les ordres des commissaires, une faute grave avérée, puis après qu’on lui ait laissé honteusement le droit de prendre le départ il est finalement sanctionné par un ‘drive through’. Et c’est là que ça a commencé Monsieur le Juge ! La permissivité des commissaires au départ a permis à ce ‘con’ de Márquez de distiller son fiel sur la piste, frustré par son passage aux stands.

Devenu subitement encore plus fou qu’il ne l’est normalement, si dans son cas on peut utiliser le mot ‘normal’, il a entamé une remontée « à la Márquez » : Même la presse espagnole écrit : « Il a dépassé ses rivaux de toutes les manières… dans certains cas pas vraiment de la meilleure ! Parmi ses ‘victimes’ on compte Aleix Espargaró, action que Márquez a reconnu et pour laquelle il fut sanctionné par… un ordre de rendre la place à son compatriote » Les journalistes ibériques soulignent aussi la manière peu orthodoxe avec laquelle Márquez avait dépassé Petrucci, Nakagami, Luthi, Smith et Rabat avant de se retrouver derrière Rossi.

Pour l’accrochage avec le pilote de la Yamaha je ne me fie qu’aux images vidéo : Márquez est arrivé sur Rossi trop vite et il a dû s’appuyer contre l’italien pour ne pas sortir de la piste. C’est clair, avéré et incontestable ! Les spécialistes disent que si Rossi n’avait pas été là, à la même vitesse, Márquez serait sorti tout seul. Conjectures peut-être pas dénuées de véracité.

Si tout ce que risque le stupide kamikaze catalan en continuant à se comporter comme un voyou c’est un ‘drive through’, un ordre de rendre la place ou une misérable pénalité de 30 secondes, nous ne sommes pas ‘sortis de l’auberge’ en Moto GP ! Le championnat du monde moto serait il devenu, comme certains quartiers français, une « zone de non droit »? Si on laisse faire, la ‘racaille’ a de beaux jours devant elle…

Venons-en à la raison de mon coup de gueule ! En plus de la presse italienne (je vous ai dis plus haut le peu de confiance que je lui accorde !) lisons la prose française et espagnole. Attention, je ne dis pas qu’on peut s’y fier non plus !

Chaque fois qu’on parle de la conduite « irresponsable » de Márquez (ce qualificatif est celui des commissaires en Argentine !) la presse revient sur cette douloureuse affaire du GP de Bahreïn 2015 et du vol manifeste du titre mondial au pilote italien. Pour remettre les pendules à l’heure et l’église au milieu du village voici la traduction d’une interview que Fonsi Nieto avait donné en son temps à un media italien après le clash :

Fonsi_Nieto_2009_(cropped).jpgEn préalable je postule que vous connaissez Fonsi Gonzalez Nieto ? Neveu du 13 fois champion du monde Angel,  Fonsi

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Fonsi Nieto

est lui aussi multiple champion d’Espagne en 125 et 250, a disputé 227 courses, 4 victoires dans la défunte catégorie 250, une saison mondiale en Moto 2 et plusieurs saisons en Super Bike. Assez pour justifier ma confiance en son analyse!

 

Question :  Qui est coupable à Sepang 2015 ?

Fonsi Nieto : Je crois que Márquez s’est trompé. Il devait respecter celui qui jouait le Mundial alors que lui n’avait plus aucune chance pour le titre ! Quand on a la meilleure moto du plateau et le talent de Márquez on ne se bat pas pour une 4ème position, à 10 secondes des premiers. Donc la démarche de Marc visait clairement à gêner Rossi et lui faire perdre le championnat. 

(NdT : Et faire le jeu d’un autre ‘fourbe’, le peu recommandable Jorge Lorenzo, le roi actuel des ‘traîne-patins’ sur sa Ducati !)

Q. La direction de la course a déclaré qu’on ne pouvait pas sanctionner Márquez qui n’avait touché personne

F.N. C’est justement le problème : Márquez n’était pas en train de se battre pour la victoire ou une place importante et n’avait pas à se comporter comme il l’a fait. Il avait la moto pour remporter la course, pas une 4èmeplace.  As-tu déjà vu 16 dépassements entre deux coureurs dans les 3 premiers tours ?

Q. Pas 16… 14 !

F.S. D’accord pour  14 ! Mais quand tu as la meilleure moto, tu dépasses et tu continues ta progression vers la tête de la course. Là, après chaque dépassement, il ralentit pour obstruer volontairement l’italien.

Q. Ton jugement ne va pas plaire à Márquez…

F.N. Lui sait que je dis la vérité. C’est aussi une vérité que Rossi, excédé par le comportement de Márquez, l’a un peu serré contre le bord lors du 15ème dépassement.

Q. Et cette fameuse « patata » ? (Coup de pied)

F.N. Je ne crois pas au coup de pied volontaire ! Serré contre le bord Márquez s’appuie contre la Yamaha, la manoeuvre actionnant probablement sa poignée de frein, ce qui aurait provoqué le redressement de la Honda, diminuant brusquement son appui et obligeant l’italien à sortir la jambe pour contrer le déséquilibre. Pour moi c’est clarissime ! Il y a autre chose : La moto plus le pilote pèsent 200 kg. Il faudrait s’appeler ‘Conan’ pour la pousser d’une ‘patada’. Et même si on prouvait ce geste impossible, la Honda serait tombée vers l’extérieur. Or elle se couche vers l’intérieur, ce qui consolide la théorie de la poignée de frein.

Conclusion de Fonsi Nieto : Le comportement de Márquez envers le nonuple champion du monde italien a choqué tous ceux du paddock. Ils sont, nous sommes, unanimes à condamner la manœuvre du Catalan. Marc Márquez est un ‘irresponsable’ mais pourtant 100% responsable de l’accrochage !

Me permettrez-vous le point de vue final du traducteur ?

J’ai vu et revu des dizaines de fois la scène sous tous les angles possibles et je suis formel dans ma certitude : Le geste de la jambe gauche de Rossi n’est pas intentionnel et ne touche même pas la moto de Márquez ! Pour mettre fin à la polémique je suggère qu’après que l’Université de Urbino ait accordé à Valentino Rossi le titre de Docteur Honoris Causa en Communication on trouve une université espagnole pour décerner un titre à Marc Márquez. 

Je pense à Docteur ès record du plus faible Q.I. jamais vu en sport motocycliste !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A Maranello serait-on immortel ?

Né en 1898 Monsieur Ferrari, Enzo Anselmo Maria de ses prénoms (!) aurait eu 120 ans cette année ! A noter que ma grand-mère Marguerite Thélin, née en 1888 aurait eu 130 ans mais ça n’intéressera personne !
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  Vous avez reconnu le pilote de l’Alfa… Indice: Ce n’est pas ma grand-mère!

Unknown.jpegJe comprends que ceux qui chevauchent à longueur d’année le cheval cabré de Maranello célèbrent cet anniversaire et je respecte leur passion et celle d’un ami ‘Ferrariste pur et dur’ qui se reconnaîtra dans ces lignes  (Salut Goupil !) Moi c’est un peu comme avec les femmes : Je comprends celui qui ne regarde que les blondes… mais j’aime les cheveux de toutes couleurs, surtout que ça change parfois. Je suis même amoureux des cheveux gris de ma femme !

La nouvelle des 120 ans de la naissance de Monsieur Ferrari m’aurait échappé sans cette photo publiée par une source anglaise de sport automobile à laquelle je suis abonné :

Enzo Ferrari with Scarfiotti, Parkes, Surtees and Vaccarella at the Modena airfield during a practice session.jpg

Vous étonnerais-je en disant que j’en ai eu les larmes aux yeux et surtout que je n’ai pas  eu besoin de la légende sous la photo pour reconnaître ces légendes que j’ai toutes fréquentées, leur ai serré la main, y compris celle de Monsieur Ferrari (Dans ce cas c’est plutôt lui qui m’a tendu la sienne, un souvenir inoubliable devant son usine de Maranello).

Donc, de gauche à droite :

Nino Vaccarella le roi de la Targa Florio, John Surtees unique Champion du Monde à moto et en voiture : 7 fois sur deux roues et 1 fois en Formule 1, mon longiligne ami Mike Parkes avec lequel nous avons partagé la direction de la Scuderia Filipinetti, son meilleur ami Lodovico Scarfiotti (Relire mon article sur le blog ‘Au temps des automobilistes’ : Une vraie amitié en Formule 1 du 10 octobre 2017 !) et bien sûr ‘le maître’ Monsieur Enzo Ferrari !

Vous imaginez ce que représentent ces réminiscences pour votre serviteur… sans pourtant oublier le souvenir de ma grand-mère !

 

Petit traité sur « Comment faire des économies ! »

Encore un texte loin, très loin des 450 chevaux ! Mais c’est promis : ‘Mañana’, après-demain ou… plus tard je vous parle de Ferrari !

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A la présentation de la Renault 16 TS j’avais demandé au chef de presse de la ‘Régie’ pourquoi, au lieu de mettre les commandes de lève-glaces aux portes ils les avaient placées au centre du tableau de bord ?R16TS.png

« Les ingénieurs disent que c’est pour économiser du fils électrique ! 

Cette réponse m’a turlupiné pendant 50 ans ! Je me suis toujours demandé si renoncer à 3 mètres de fils n’était pas une économie de bouts de chandelle ! J’ai essayé de comprendre et c’est finalement vrai que les économies sont supérieures à ce que j’imaginais :

Il y eut 1.800.000 Renault 16 TS produites !

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Mettre les commandes aux portes aurait nécessité 3 mètres de fils à 0.05 ct d’euro donc 15 centimes par
R16TS B.jpegvoiture plus 1 € 50 de surplus de travail, plus 1 commande supplémentaire porte gauche à 0.10 ct donc modestement 1.75 € par voiture mais multiplié par 1.8 million nous sommes presque à 3.2 millions d’euros !

Connaissant le génie des ingénieurs français on peut imaginer qu’il ont dû trouver 10 autres astuces pour ‘tirer au mince’ ce qui porterait le gain de la Régie à plus de 30 millions d’euros. Superbe illustration de la Loi des Grands Nombres !

Quand elle est sortie la R16 était la voiture du ‘beauf’.  « Je suis VRP multicarte, j’ai tout le matériel dans la R16 » disait Coluche ! R16 lèves glaces.pngJ’ai pourtant été séduit par l’évolution TS, sa puissance, son confort et une tenue de route exceptionnelle, à un prix abordable pour une famille avec des enfants et j’en ai acheté une!

 

 

 

 

 

Une ‘bonne poire’ innovante !

Tiens! Trois titres à choix pour cette rubrique:
Histoires du front 
Faute de grives on mange des merles 
La vie n’est pas faite que de Ferrari’s et de Porsche’s!
Avec mes affectueuses excuses aux amis qui ne me suivent qu’à partir de 450 chevaux! 

Unknown-2.jpegLa Renault 14 est sortie en 1976. Une campagne publicitaire désastreuse fit sa promotion en évoquant cette ‘bonne poire’
Unknown-1.jpegen raison du concept « un minimum de place pour le moteur, un maximum pour le confort » ce qui achèvera sa réputation surtout qu’elle était notoirement sous-motorisée. Elle fut du reste construite à moins d’un million d’exemplaires !

En 1977 ‘Fonfon’ un collègue avait acquis cette Renault 14 et nous étions tous devant l’entreprise pour assister à une nouveauté : C’était la première voiture de classe moyenne équipée d’un verrouillage centralisé. L’heureux proprio n’en pouvait plus de répéter la démo de l’ « invention du siècle » : clic, clac, re-clic et re-clac.

Il partait le soir même en vacances dans le Sud de la France. A son retour il était toujours enchanté de son acquisition mais un peu moins du verrouillage central :

Arrivé à Avignon il avait garé sa merveille dans un parking sous-terrain payant. Eh ? Il n’allait pas prendre le risque de la laisser dans la rue… surtout avec la réputation de la Cité des Papes ! A son retour du Pont sur lequel paraît-il « On y danse tout en rond » il introduit la clé dans la serrure et… rien ! Merde je n’avais pas fermé les portes pense-t-il!

Il se fait insulter par son épouse puis les reproches redoublent à la découverte qu’il n’y a plus rien dans la voiture. Vidée ! Plus de valises, plus d’effets personnels, plus d’argent planqué dans une cachette pourtant astucieuse. Vacances à peine commencées et déjà terminées !

Au commissariat de police :

« Ma voiture a été dévalisée dans un parking » « L’aviez-vous bien fermée ? » « Bin… heu… je dois vous dire que je l’ai trouvée ouverte mais pas de traces d’effraction! » Le policier de l’accueil : « Vous n’auriez pas une Renault 14 ? »

Stupéfaction de l’ami ‘Fonfon’ qui confirme et explications de l’agent :

« En cas d’accident les occupants peuvent rester bloqués à l’intérieur. Cette voiture est donc équipée d’un ‘sensor’ qui lors d’un choc important déverrouille les portes » « Ça je ne le savais pas ! » « Mais les crapules oui ! Le ‘sensor’ est stupidement placé contre la partie inférieure du garde-boue avant et il suffit d’un coup de marteau derrière la roue et c’est: « Sésame ouvre-toi »

 

Maigre consolation : Le policier ajoutait que l’ami ‘Fonfon’ était au moins le dixième lésé de la journée… tous des heureux propriétaires d’une nouvelle Renault 14!

 

 

 

L’humour de Ricciardo!

Conférence de presse avant le Grand Prix d’Australie à Melbourne.

En scène les super favoris pour la saison: Hamilton et Vettel plus Ricciardo le ‘régional de l’étape’ comme on le dit en cyclisme ou ‘el local matador’ en Espagne !

Commentaire souriant de Ricciardo : « Regardez bien… sur cette photo nous comptabilisons 8 titres de Champions du monde ! »

Ce farceur de ‘aussie’ n’a pas cru devoir préciser pour les néophytes qu’il s’agissait des 4 titres de Vettel et des 4 d’Hamilton !

 

 

Tiens, encore un clin d’oeil pour ma nouvelle page: En deux mots!

 

Voiture autonome. Faut-il tout remettre en question ?

Une femme a été renversée en Arizona par une voiture autonome en cours d’essais. Elle est décédée.  De quoi se poser des questions, mêmes celles auxquelles nos compétences techniques n’entendent rien. Alors faut-il tout remettre en question ?  

Je dis non… mais !

3000000017369_WIDESCREEN.jpgQue l’on accepte ou non l’idée de la voiture autonome, à l’avenir il faudra de toutes façons envisager un changement radical de la manière de considérer les transports routiers individuels. Et il reste du boulot !

Force est d’accepter cette nouvelle technologie, alors commençons par laisser aux inventeurs, ingénieurs et visionnaires le temps d’aller au bout de leurs investigations avant de nous prononcer. Et surtout avant de râler ! Qui dit investigations dit aussi : essais « à de vrai ». Bien sûr que les détracteurs vont suggérer les Steppes des Kirghizes et le Grand Lac Salé pour les expériences. Il est du reste probable que les chercheurs ne nous aient pas attendu pour le faire, discrètement. Mais comment pourrait-on confronter la voiture autonome à la réalité… piétons traversant la chaussée compris, dans les vastes étendues désertes ? Un jour ou l’autre, étant admis la nécessité de faire des essais, il fallait bien revenir dans la ‘civilisation’. C’est pourquoi Uber a obtenu toutes les autorisations, sous condition que les voitures expérimentales soient sous contrôle humain à bordOn parle de chauffeur passif.

Les vidéos de la malheureuse ‘cycliste à pied’ tuée, rendues publiques par la police, donnent quelques pistes pour ‘faire mieux‘ : Par exemple la ‘vigilante’ au volant, sensée reprendre les commandes en cas de défaillance de l’électronique, payée pour ce job, j’espère à hauteur de ses responsabilités, ne donne pas l’impression d’être « à son affaire » : yeux mi-clos, regard vers le bas, l’apologie de la somnolence !

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La malheureuse « conductrice passive » au travail!

Peut-être surveillait-elle des instruments stupidement placés hors de son champ de vision mais, plus probablement, on ne m’ôtera pas de l’idée qu’elle était en train de ‘tripatouiller’ son ‘smartphone’ non?

Quand elle découvre l’horrible réalité c’est trop tard mais son attitude pose une question plus large : à quoi servent ces « conducteurs de secours » lors des tests de voitures autonomes ? S’ils ont pour consigne de travailler sur des outils impliquant de quitter la route des yeux, leur présence n’est pas de nature à prévenir une collision.  Dans les conditions de l’accident, la présence de l’employée était loin d’être suffisante pour éviter le drame, mais je pose la question : Si un conducteur ‘lambda’ parfaitement concentré sur la route se trouve en face d’une stupide piétonne qui traverse une « highway » (J’espère que vous savez ce qu’est une ‘highway !) dans une zone non éclairée hors d’un passage pour piétons, croyez-vous qu’il aurait pu faire quelque chose pour sauver cette inconsciente ?

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La réponse est Non !

La vidéo montre une situation dans laquelle un conducteur attentif aurait probablement été au moins aussi impuissant, ce qui pourrait faire office d’argument pour les partisans de la voiture autonome mais les images montrent avant tout une machine qui n’a pas réussi à faire de miracle. Je le disais plus haut : Peut faire mieux ! Et pour faire mieux, il faut faire des essais… le serpent serait-il en train d’avaler sa queue ?

Il ne faut pas incriminer la voiture autonome mais bien les lacunes de la formation des « assistants de conduite ». C’est la vraie  faiblesse de l’histoire !

J’ai pris conscience de l’importance de la concentration professionnelle il y a bien des années lors d’un vol Malaga – Genève. Vous me direz que ça n’a rien à voir… et pourtant! Le pilote, ami de la famille, m’invite dans la cabine et au vu de ma licence aéronautique me fait une faveur qui serait impensable de nos jours : Il me permet de rester dans la cabine pour l’atterrissage, de plus… de nuit !

Le co-pilote fait la pose manuelle et le commandant de bord a les deux mains sur le ‘manche’ en effleurant le levier de commande, suivant au millimètre les mouvements générés par le pilote du siège de droite, prêt à intervenir en une fraction de seconde en cas de besoin.

Pensez-vous que la ‘grassouillette somnolente’ en charge de reprendre les commandes de la voiture autonome en cas de pépin était assez concentrée et attentive pour éviter le drame ?

 

 

Cet article concernant l’automobile sera ‘reblogué’ sur Et si Facebook disparaissait pour la pertinence des questions à se poser. Pardon de me répéter!

En deux mots!

Je vous présente une nouvelle page de mon blog:

En deux mots! 

Il s’agit d’une chronique sporadique avec uniquement de très brèves nouvelles, souvenirs et clins d’oeil liés à l’automobile ou la moto. 

DZCOpJpW4AEKYfU.jpgAux essais du GP d’Australie de ce matin l’état de la Mercedes de Valteri Bottas après sa sortie de route m’a rappelé un gag ancien. Je me rendais au GP d’Italie avec le photographe Yves Debraine qui conduisait. A l’entrée de Vevey une Alfa avait fait deux tonneaux dans un virage à droite. Inutile de vous parler de l’état de la carrosserie…

Le conducteur était debout regardant son ‘épave’ le regard triste et figé !

Arrivé à sa hauteur mon facétieux ami Yves ralentit, ouvre sa glace et s’exclame :

Et avec du ‘polish vous avez essayé ?

Le pauvre sinistré tirait un peu la même gueule que Bottas ce matin !